Pseud.: Lotte Markus
Luxembourg-Eich
Née d’une mère luxembourgeoise et d’un père belge, Raymond Hubert Blanpain, Anise Koltz fréquente le Lycée de jeunes filles à Luxembourg, mais interrompt ses études secondaires pour épouser le médecin René Koltz, futur directeur du domaine thermal de Mondorf-les-Bains. Mère de trois enfants, elle se consacre alors à sa famille. Après la mort de son époux en 1971, Anise Koltz travaille comme bibliothécaire à la Thomas Mann-Bibliothek de Luxembourg (1972-1975) ; elle y soigne des échanges intellectuels et de nombreux contacts internationaux dans le monde littéraire. Participant à des congrès et à des rencontres de poètes, elle est à l’origine, avec son mari René Koltz, Nic Weber, Edmond Dune et Horst Bingel, de la création des Journées littéraires de Mondorf en 1962. Perpétuées jusqu’en 1974, les Journées connaissent une interruption de plusieurs années, avant de reprendre, de 1995 à 1999, avec Jean Portante. Ce rendez-vous visait la rencontre entre auteurs de nationalités différentes et était destiné, en particulier, à favoriser des échanges entre écrivains germanophones et francophones. La manifestation s'inscrivait dans la tradition des rendez-vous franco-allemands de Colpach, rendant ainsi hommage au grand-oncle d'Anise Koltz, Émile Mayrisch. Les Journées accueillirent notamment Thomas Bernhard, Peter Handke, Gabriele Wohmann, Walter Helmut Fritz, Alain Bosquet, Jacques Izoard, Michel Deguy, Eugène Guillevic et Gisèle Prassinos. Anise Koltz fut membre de la SELF et de la LSV. La poétesse est membre de l'Académie Mallarmé à Paris, du P.E.N. Club de Belgique et du P.E.N. Club français ainsi que de l'Institut grand-ducal, Section des arts et des lettres. Elle œuvre à la création, en 1996, de l’Académie européenne de poésie avec Alain Bosquet. Elle en a été la présidente et en est, depuis 2008, la présidente honoraire. Elle est également engagée dans le domaine humanitaire.
Celle que l’on surnomme couramment la « Grande dame » des lettres luxembourgeoises écrit d’abord en allemand. De 1953 à 1973, elle publie des nouvelles (Die Blumenwiese und andere Märchen, Märchen, Der Wolkenschimmel und andere Erzählungen) qui évoquent l'insécurité et le sentiment d’absurdité qui caractérisent la période de l'après-guerre, et des recueils de poésie (Gedichte, Spuren nach innen, Steine und Vögel, Den Tag vergraben ou encore Fragmente aus Babylon) qui soulèvent des questions existentielles inhérentes à la vie humaine. En 1966 paraît Cirque du Soleil, recueil bilingue traduit par Andrée Sodenkamp qui marque le début d’une longue série d’ouvrages publiés en France. Tournant déterminant de la carrière littéraire d’Anise Koltz, le décès de son époux, mort en 1971 des suites des mauvais traitements subis pendant la Seconde Guerre mondiale, détourne à jamais la poétesse de la langue allemande. Adoptant désormais le français comme langue d’écriture, Anise Koltz est avant tout poétesse, même si elle publie un ouvrage en prose, La Lune noircie (2009), relevant de l’écriture de l’intime, ainsi que quelques contes et récits pour enfants en allemand, luxembourgeois et français (Die Blumenwiese und andere Märchen, D'Chrëschtkënnche kënnt, De Clown, Enfants du monde) qu’elle illustre elle-même. La poésie d’Anise Koltz, concentrée, condensée, peu complaisante, met les mots à l’épreuve du temps, du silence, de la mort et de la condition humaine. Chargée de refus, de péchés dévorants, passeuse de contrées et de civilisations lointaines, notamment logées sur les berges du Nil, elle dissèque un monde détraqué dans lequel oiseaux funestes et consciences écorchées sont traversés de sourdes révoltes. Seul face à lui-même, le « je » poétique y sonde ses possibilités de transgression, traverse les âges, mais maltraite aussi un corps et une âme déchiquetés. Sous la menace qui gronde, Anise Koltz convoque pierres et brasiers, et évoque continuellement l’étrangeté des liens du sang, cristallisés par une figure maternelle inquiétante. Mettant à distance Dieu et l’idéologie chrétienne, elle choisit le langage comme refuge sacré et, bien qu’elle se méfie des mots, les assemble pour déconstruire les remparts de son existence. Après avoir publié de nombreux recueils au Luxembourg (Ailes de couteau (1978), Souffles sculptés (1988), Le Mur du son (1997), Le Porteur d’ombre (2001) ou encore La Muraille de l’alphabet (2010)) et en France (Le Jour inventé (1975), La Terre monte (1980), L’Ailleurs des mots (2007), Je renaîtrai (2011), Soleils chauves (2012), Galaxies intérieures (2013) ou encore Un monde de pierres (2015)), l’anthologie Somnambule du jour (2015) fait d’elle le premier écrivain luxembourgeois à intégrer la collection « Poésie » de l’éditeur Gallimard.
Anise Koltz publie des poèmes dans des périodiques étrangers comme Le Temps parallèle, Dire, Le Journal des poètes, Das Gedicht ou la revue de poésie ARPA. Elle écrit aussi pour Les Cahiers luxembourgeois, Galerie, Arts et lettres, Abril et forum. Elle a par ailleurs signé des récits de voyage concernant l'Égypte et l'Inde dans Warte-Perspectives et d'Lëtzebuerger Land. Plusieurs de ses textes ont été repris dans des anthologies luxembourgeoises et étrangères, telles que Deutsche Lyrik. Gedichte seit 1945 (Allemagne, 1961), La poésie française depuis 1950 (France, 1979), Une Europe des poètes (France, 1991), Anthologie des rencontres poétiques internationales en Suisse romande (France, 1994), World. Poems on the Underground (Angleterre, 2012), Mon royaume pour un livre (France, 2013), e-gutenberg (Luxembourg, 2014), ou encore Hällewull (Slovénie, 2014). De 1995 à 1997, elle fut coéditrice des anthologies des Journées littéraires de Mondorf. En outre, elle signa des critiques littéraires comme « La littérature de la République fédérale d'Allemagne » dans La Dryade (1975) et « La littérature au Grand-Duché de Luxembourg » dans La Revue générale (1990).
Les poèmes d'Anise Koltz ont été traduits en de nombreuses langues (français, anglais, espagnol, néerlandais, portugais, roumain, hongrois, bulgare, polonais, russe, suédois, macédonien…). Elle a elle-même traduit des ouvrages de Léopold Sédar Senghor et d'Andrée Sodenkamp en allemand. Quelques poèmes d'Anise Koltz ont été mis en musique par Lou Koster, Camille Kerger, Albena Petrovic-Vratchanska, Claus Krumlovsky, Josy Meisch, Edmond Cigrand et Pierre Even. Certains de ses recueils sont illustrés, notamment par Hap Grieshaber, Anna Recker, Marc Pessin, Philippe Galowich ou encore Joseph Probst. Ses poèmes ont aussi donné naissance à des livres d’artistes, comme L'Ombre déchaussée (1997) réalisé avec Robert Pillard-Valère, Naissances accélérées (1980), publié avec Roger Bertemes ou encore Hochsommer (2016), signé Kasia Lewandowska.
Anise Koltz est une figure incontournable des lettres luxembourgeoises et une ambassadrice du paysage littéraire de son pays. Les Journées littéraires de Mondorf lui permirent notamment de former un cercle poétique avec José Ensch, Gisèle Prassinos et Andrée Chedid. La poétesse participe régulièrement à des rencontres internationales de poésie, parmi lesquels le « Printemps des poètes » ou le « Poetry Parnassus » en Angleterre, et a entretenu une correspondance abondante et régulière avec des écrivains du monde entier tels que Thomas Bernhard, Hermann Hesse, René Ménard, Alain Bosquet ou Jean-Claude Renard. Engagée, Anise Koltz a apporté son soutien à la défense des droits de l’homme, à la cause de poètes persécutés ou encore aux victimes de catastrophes comme la crise économique grecque.
Anise Koltz a obtenu de nombreux prix littéraires. Parmi les prix nationaux, citons le Prix de littérature luxembourgeoise (1961), le Prix Batty-Weber (1996) et le Prix Servais (2008). En France, elle a décroché le Prix Claude-Serret (1981), le Prix Jean Malrieu (1991), le Prix Apollinaire (1998), le Prix de littérature francophone Jean Arp de l'Association capitale européenne des littératures (2009), le Prix Théophile Gautier (2011), le Prix des Découvreurs (2012) et, en 2016, le Prix Robert Ganzo de poésie attribué lors du Festival Etonnants voyageurs à Saint-Malo. Parmi les prix internationaux, relevons par ailleurs le Prix Blaise-Cendrars (Suisse, 1992), le Prix Antonio-Viccario (Wallonie-Bruxelles, 1994), l’International Prize of the best poem/Struga poetry evenings (Macédoine, 1994), le Grand Prix de littérature hors de France, le Prix de la Fondation Nessim Habif (Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 1994), le Rheinlandthaler (Allemagne, 1997), le Prix de l'Unione lettori italiani, Un libro per la scuola, un autore per domani (Italie, 2003), le Prix Jans-Smrek (Slovaquie, 2006) et le Parnasszus Poetry Award (Budapest 2009).
| Titre | Année | Langue | Genres |
|---|---|---|---|
| Die Rückkehr des Odysseus. Übertragen von Anise Koltz Andrée Sodenkamp [Auteur] Anise Koltz [Traducteur] |
1966 | DEU |
|
| Vienne quelqu'un = Käme doch jemand. Traduction établie par l'auteur avec la collaboration d'Andrée Sodenkamp, Anne-Marie Kegels, Vahé Godel et René Ménard [Edition bilingue] Anise Koltz [Auteur] Vahé Godel [Traducteur] Anne-Marie Kegels [Traducteur] Anise Koltz [Traducteur] René Ménard [Traducteur] Andrée Sodenkamp [Traducteur] |
1970 | DEU FRE |
|
| Bis an die Tore der Nacht. Ausgewählt und übertragen von Anise Koltz. Mit einem Nachwort von Alain Bosquet. Herausgegeben von Roswitha und Horst Heiderhoff Léopold Sédar Senghor [Auteur] Anise Koltz [Traducteur] |
1985 | DEU FRE |
| Titre du périodique | Noms utilisés |
|---|---|
| Arts et lettres. publication de la Section des arts et des lettres de l'Institut grand-ducal | Anise Koltz |
| Cahiers luxembourgeois (Les). revue libre des lettres, des sciences et des arts | Anise Koltz Lotte Markus |
| Carleton Germanic Papers | Anise Koltz |
| Dire. Revue européenne de poésie | Anise Koltz |
| Dryade (La). revue d'art et d'humanisme | Anise Koltz |
| forum. fir kritesch Informatioun iwer Politik, Kultur a Relioun | Anise Koltz |
| Galerie. Revue culturelle et pédagogique | Anise Koltz |
| Gedicht (Das). Zeitschrift für Lyrik, Essay und Kritik | Anise Koltz |
| Journal des poètes (Le) | Anise Koltz |
| Lëtzebuerger Land (d') / d'Letzeburger Land / LL. unabhängige Wochenschrift für Politik, Wirtschaft und Kultur | Anise Koltz |
| Nouvelle Revue Française (La) / N.R.F. | Anise Koltz |
| Nouvelles Pages de la SELF (Les) | Anise Koltz |
| Origine I. revue franco-italienne de poésie | Anise Koltz |
| Reenbou. revue plurilingue de poésie = pluringual poetry magazine | Anise Koltz |
| Revue générale belge | Anise Koltz |
| Warte (Die) = Perspectives. Supplément culturel du Wort | Anise Koltz |
| zäsur. unter Mitarbeit von epoche | Anise Koltz |
| Titre | Année |
|---|---|
| Die Blumenwiese und andere Märchen | 1953 |
| Märchen | 1957 |
| Gedichte | 1959 |
| Der Wolkenschimmel und andere Erzählungen | 1960 |
| Spuren nach innen. 21 Gedichte. Zeichnungen von Joseph Probst | 1960 |
| D'Krëschtkënnchen kënnt. Biller vum Jean an Anise Koltz | 1964 |
| Steine und Vögel | 1964 |
| Le cirque du soleil. Poèmes inédits. Préf. par Alain Bosquet. Trad. par Andrée Sodenkamp. [Édition bilingue] | 1966 |
| Den Tag vergraben | 1969 |
| Nachahmung des Tages. Texte und Gedichte = Imitation du jour. Textes et poèmes traduits par Henry Fagne. [Édition bilingue] | 1969 |
| Vienne quelqu'un = Käme doch jemand. Traduction établie par l'auteur avec la collaboration d'Andrée Sodenkamp, Anne-Marie Kegels, Vahé Godel et René Ménard [Edition bilingue] | 1970 |
| Fragmente aus Babylon | 1973 |
| De Clown. Lëtzeburger Kannerbuch geschriwwen a gemoolt vum Anise Koltz | 1975 |
| Le jour inventé. Illustrations de Hap Grieshaber | 1975 |
| La terre monte | 1980 |
| Naissances accélérées. Illustrations de Roger Bertemes | 1980 |
| Sich der Stille hingeben. Französisch und deutsch. Mit zwei Zeichnungen von Étienne Hajdu und einem Nachwort von Walter Helmut Fritz | 1983 |
| Souffles sculptés. Poèmes | 1988 |
| L'autre temps | 1991 |
| Chants de Refus. Poèmes. Dessins de Marta Pan | 1993 |
| Chants de Refus II. Poèmes. Dessins de Joseph Probst | 1995 |
| Le mur du son. Poèmes. Illustrations par Philippe Galowich | 1997 |
| Le paradis brûle. Poèmes | 1998 |
| La terre se tait. Poèmes | 1999 |
| Le cri de l'épervier. Poèmes | 2000 |
| Le porteur d'ombre. Poèmes | 2001 |
| L'avaleur de feu | 2003 |
| Béni soit le serpent. Poèmes | 2004 |
| Le vent noir | 2006 |
| L'ailleurs des mots | 2007 |
| La lune noircie | 2009 |
| La muraille de l'alphabet. Poèmes. Avec des photographies de l'auteur. | 2010 |
| Je renaîtrai | 2011 |
| Soleils chauves | 2012 |
| Galaxies intérieures | 2013 |
| Pomme | 2013 |
| Somnambule du jour. Poèmes choisis | 2015 |
| Nom | URL |
|---|---|
| Jacques Bonnaffé lit la poésie / Anise Koltz (France Culture, 16-19 mai 2016) | http://www.franceculture.fr/emissions/jacques-bonnaffe-lit-la-poesie/jacques-bonnaffe-lit-la-poesie-lundi-16-mai-2016 |
| Anise Koltz & Thomas Bernhard – eine literarische Freundschaft (Institut Pierre Werner, 26.10.15) | https://www.youtube.com/watch?v=Xqub2BtDwlI |
| "Ich suche Dich Herr", Motet for SATB-Choir after a poem by Anise Koltz, op. 32 (2004) - choir (with or without keyboard) by Pierre Even | http://www.sibeliusmusic.com/index.php?sm=home.score&scoreID=54004 |
| Nom |
|---|
| Académie européenne de poésie |
| Académie Mallarmé (Paris) |
| Institut grand-ducal Section des arts et des lettres |
| LSV - Lëtzebuerger Schrëftstellerverband [1985-2016] |
| Mondorfer Dichtertage |
| PEN Club français |
| PEN International. Centre belge d’expression française |
| SELF / S.E.L.F. - Société des écrivains luxembourgeois de langue française |